"Osti de fif"

Problème inquiétant dans nos écoles. Le harcèlement, qu'il soit physique ou psychologique, est un fléau qui affectent certains étudiants au point où cela peu compromettre leurs études. L'une des plus grosses sources d'intimidation dans les écoles du Québec (et du Canada), c'est l'homosexualité, ou l'orientation sexuelle d'une personne. Aujourd'hui, Jasmin Roy sonne la fin de la récréation avec la publication de son livre "Osti de fif".

Depuis, bon nombre d'intervenants - c'est-à-dire psychologues, travailleurs social, directeurs d'écoles, enseignants, etc. - s'unissent pour dire qu'il faudrait bannir le mot "fif" du langage des écoliers. L'idée est louable, mais avant d'imposer une interdiction unilatérale sur le mot "fif" et compagnie, il faudrait prendre en considération quelques détails...
  1. Si on donne un interdit à un adolescent ou un jeune, il fera tout le contraire. Ce point-ci se passe carrément d'explication. En interdisant le mot "fif", on leur confirme que l'utilisation de ce mot dérange certaines personnes, et, bien, c'est ce qu'ils recherchent. 
  2. Le problème est ailleurs. Que l'on parle d'homophobie, ou d'harcèlement en général, le problème est beaucoup plus profond que l'utilisation d'un mot qui cherche à blesser. Le problème, c'est une mentalité
  3. S'attaquer au mot "fif", ça n'aide en rien le jeune de 16 ans qui se cherche. Intimidation ou pas, ce genre d'épreuve est très dur sur un adolescent. On se doit de donner plus de ressources aux jeunes qui se questionne sur leur orientation sexuelle, et pas seulement des réponses préfabriquées par un travailleur social bidon au Ministère de l'Éducation. On doit favoriser leur intégration dans la vie scolaire, au même titre que, par exemple, différentes cultures. 
Malheureusement, le débat qu'il y a présentement, ce n'est pas un débat contre l'harcèlement général - c'est un débat contre l'homophobie. Lors de ma session au CÉGEP en Septembre, le nombre de fois que j'ai entendu des commentaires du genre "Osti de jew", plus que "Osti de fif". Et personne s'en indigne. Et le harcèlement du jeune qui se fait taxer son lunch, et qui se fait rire de lui, parce que il n'est pas à la mode - parce que sa mère ne lui achète pas des vêtements ultra-fashion, à la Justin Bieber. Quelqu'un s'en indigne? Oui, mais personne ne daigne agir. Certaines personnes sonnent la cloche d'alarme, mais les autres sont trop sourds pour réagir.

Pas que c'est mal, l'initiative contre l'homophobie dans les écoles, mais ce que certains intervenants ne comprennent pas, c'est qu'un adolescent, ou un jeune, c'est un être humain. Un être humain, ça se trouve toujours une raison pour se taper dessus. La couleur, la religion, la langue. Peu importe. Pourvu qu'on se tape dessus. 

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