Et aujourd'hui, Léger Marketing s'adresse aux Canadiens pour sonder leur perception de la séparation ou la souvraineté du Québec. Les résultats sont surprenants, et ce, même pour Gilles Duceppe, qui se dit "étonné".
En effet, un quart des Albertains se disent favorables à la souvraineté du Québec, et au niveau national, c'est 15% des Canadiens anglophones qui l'appuient. Au Québec, nous serions 39.9% à croire que nous serions en meilleur position en tant que pays souverain.
Par contre, que faut-il lire entre les lignes? Que faut-il comprendre des résultats?
Avec de tels résultats, il est impossible d'être crédible en disant "25% des Albertains supportent la souveraineté du Québec". Ce qu'il faut dire, c'est "25% des Albertains en ont plein le cul du Québec, sont tannés d'en entendre parler, et sont tannés de voir leur leader spirituel se mettre à genoux devant le Québec".
Ce qu'il faut dire, c'est que 25% des Albertains ont décidé que c'était Time to Say Goodbye. Ce qu'il faut dire, c'est que les Albertains en ont marre de supporter des politiques bilingues et ce, à l'échelle nationale. Des politiques qui, selon eux, ne servent strictement à rien.
C'est loin d'être une victoire. C'est loin d'être même un pas dans la bonne direction. Le Québec ne se fait pas dire "On vous supporte dans cette démarche", le Québec se fait dire "Décalissez". Et on peut comprendre, on n'attire pas la sympathie et le support des gens en les écoeurant avec un débat vieux de quarante ans.
Même au Québec, comme @dtzb me l'a souligné sur Twitter, "l'ironie, c'est qu'au Québec aussi on est tannés d'en entendre parler." Bien dit.
Nous avons deux choix. Le premier étant d'enterrer le débat de la souvraineté, et de travailler, tous ensemble, à la réalisation du Canada de demain, ou, le deuxième, est de continuer d'étirer l'élastique, jusqu'au point que nos concitoyens anglophones "reaffirm who they are as Canadians, ask Quebecers whether they want to stay - on their terms."
Pour ceux que ça intéresse, Reed Scowen a été membre de l'Assemblée législative pour trois mandats, de 1978 à 1987, sous la bannière libérale. Il a été également envoyé spécial pour le Québec à Londres, et à New York par la suite. Le premier à me balancer que c'est "un osti d'anglais du R.O.C" se mérite un beau gros zéro.

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